Cette journée d'étude part du sentiment d'une double urgence. Interne à notre établissement, la première concerne le manque de collaboration scientifique entre le département d'histoire et l'ESPE (Ecole Supérieure du Professorat et de l'Education) quand nous avons en commun une partie des étudiants ayant fait de l'histoire l'essentiel ou une partie de leur apprentissage académique dans le Supérieur et que nous partageons des expériences  pédagogiques et disciplinaires communes.

En confrontant nos méthodes d'écritures et nos réflexions et recherches sur les appropriations de l'histoire au sein de nos classes par les étudiants, les lycéens, les collégiens et leurs futurs enseignants, nous souhaitons initier une plus grande proximité collégiale autour d'un objet dont l'actualité des enjeux rend compte de la seconde urgence. En effet, l'histoire n'est pas une discipline neutre - si ce mot a un sens - dans une société qui a confié aux historiens la responsabilité d'une charge périlleuse : être une science et un instrument de l'exercice démocratique des droits civiques. Sans compter la faculté démiurgique que d'aucun lui prête de faire tenir ensemble des hommes et des femmes que rien ne semble plus pouvoir rassembler.

L'ambition de cette journée d'étude est donc double aussi : provoquer chez nous une dynamique de collaboration pédagogique et scientifique ; ouvrir au public un espace de réflexion et d'échanges sur une histoire qui ne saurait jamais être seulement celle des historiens.